En octobre, San Sebastián troque ses allures de station balnéaire pour retrouver son identité basque. Moins de monde, lumière d’arrière-saison sur la Concha et pintxos sans queue : c’est la meilleure version de Donostia. Le touriste de juillet a plié bagage. Il reste la ville, ses habitants et les voyageurs qui savent quand partir.
San Sebastián en octobre : une ville revenue à elle-même
En juillet et août, San Sebastián ressemble à toutes les stations balnéaires qui se respectent : longues files devant les restaurants, plages bondées, tarifs en pointe. En octobre, la ville change de visage. Les températures restent douces, entre 13 °C la nuit et 19 °C en journée. L’été indien basque peut durer bien au-delà des premières pluies d’automne.
Ces pluies existent : octobre est l’un des mois les plus arrosés de l’année à Donostia. Mais elles arrivent en averses brèves, pas en pluie de plomb. Les matinées sont souvent dégagées, idéales pour parcourir la Parte Vieja ou longer la Concha avant que les nuages ne reviennent en fin d’après-midi. Prévoir un imperméable léger, pas un ciré de marin.
La lumière d’octobre a une qualité particulière sur la baie. Dorée, plus rasante que celle d’été, elle change la Concha en tableau. Le moment où le soleil descend sur le mont Igeldo depuis la promenade vaut à lui seul le déplacement.
Les pintxos de la Parte Vieja : l’art de la dégustation debout
Le cœur de San Sebastián en soirée, c’est un périmètre de quelques rues dans la vieille ville, autour de la calle 31 de Agosto et de la Plaza de la Constitución. Pas de réservation, pas de dress code, pas d’attente si on évite les nuits de week-end en haute saison. En octobre, les comptoirs sont accessibles.
Le rituel est simple : on entre dans un bar, on choisit deux ou trois pintxos posés sur le comptoir ou commandés à la carte, on mange debout avec un verre de txakoli ou de cidre basque, et on passe au suivant. Trois ou quatre bars suffisent pour construire un vrai repas. Compter entre 2 et 3,50 € par pintxo, soit un dîner complet pour moins de 25 € par personne.
Les classiques — anchois sur pain grillé, gilda piquante, croquette de jambon ibérique — restent incontournables. Les bars qui proposent des pintxos chauds à la minute (gambas à la plancha, foie gras de canard, œuf coulant) méritent l’arrêt. Partir à 19h30, finir vers 22h.

La Concha, Zurriola et les collines : ce que l’automne révèle
La plage de la Concha est l’une des plus belles plages urbaines d’Europe. En octobre, elle appartient aux marcheurs et aux coureurs plutôt qu’aux baigneurs. La promenade qui longe la baie sur deux kilomètres, du palais de Miramar jusqu’à l’Aquarium, se fait sans foule. La vue sur les îles de Santa Clara et le mont Urgull change avec chaque heure de lumière.
Zurriola, de l’autre côté du río Urumea, attire les surfeurs toute l’année. En automne, la houle est plus régulière et l’ambiance plus locale. Un café face à l’eau, en regardant les vagues, est l’un des moments les plus honnêtes que San Sebastián peut offrir.
Le mont Urgull, accessible à pied depuis le port, offre en une heure de montée une vue à 360° sur la baie, le mont Igeldo et les collines basques. La végétation prend en octobre des couleurs qui tranchent avec le bleu de l’Atlantique. Cette randonnée facile est très fréquentée l’été ; en octobre, on la partage avec les habitants du quartier.

Organiser son week-end à San Sebastián en octobre
San Sebastián se rejoint depuis Paris en avion via l’aéroport de Biarritz (45 minutes en voiture), ou en train depuis Paris-Montparnasse jusqu’à Hendaye, puis en bus transfrontalier jusqu’au centre de Donostia. Le trajet en voiture depuis Bordeaux prend deux heures sur l’A63. Deux nuits constituent un minimum ; trois permettent un rythme plus serein.
Pour les soins médicaux, la Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) couvre les soins d’urgence dans toute l’Union européenne. Elle est gratuite et se demande en ligne sur Ameli.fr. Notre guide sur l’assurance maladie en voyage détaille ce qu’elle couvre et quand une assurance complémentaire est utile.
Les hébergements en octobre coûtent en moyenne 20 à 30 % moins cher qu’en juillet. Les petits hôtels du centre historique sont à privilégier pour la facilité de déplacement à pied. Réserver les restaurants étoilés (Mugaritz, Arzak, Akelarre) plusieurs semaines à l’avance reste nécessaire même hors saison. Si San Sebastián vous donne le goût des escapades méditerranéennes hors saison, Comacchio et Ferrare offrent une alternative italienne très différente dans le même esprit d’automne sans foule.
San Sebastián en octobre récompense ceux qui partent hors du flux. La ville est la même que celle de juillet : les pintxos, la Concha, les collines, la lumière sur la baie. C’est le regard posé dessus qui change, parce que rien ne vient l’encombrer.
Cet article est adapté de la sélection de destinations d’automne d’Escapade Magazine.

