Un petit archipel du golfe de Guinée vient d’entrer dans l’histoire de la conservation environnementale. São Tomé-et-Principe est devenu le premier État au monde dont l’intégralité du territoire est désormais classée réserve de biosphère par l’UNESCO. Cette reconnaissance couvre à la fois les terres et les eaux du pays.
Un record dans un contexte d’expansion mondiale
L’annonce a été faite lors du 5e Congrès mondial sur les réserves de biosphère. Ce sommet s’est tenu à Hangzhou, en Chine. L’UNESCO y a désigné 26 nouvelles réserves dans 21 pays, un record depuis vingt ans. Le réseau mondial compte désormais 784 réserves réparties dans 142 pays. Il protège aujourd’hui environ 5 % de la surface de la planète. Parmi les nouveaux pays distingués figurent également l’Angola, Djibouti, la Guinée Équatoriale, l’Islande, Oman et le Tadjikistan. Chacun reçoit sa toute première réserve de biosphère.
Deux îles entre volcans et récifs coralliens
L’archipel compte un peu plus de 200 000 habitants. Ils vivent répartis sur les deux îles principales, São Tomé et Principe. Le climat y est équatorial, et le territoire abrite 148 espèces de plantes indigènes. On y trouve aussi de nombreuses espèces endémiques d’amphibiens, d’oiseaux, de mammifères et de reptiles. Parmi elles, l’ibis de São Tomé reste l’un des symboles les plus marquants de cette biodiversité insulaire. Cet oiseau rare est aujourd’hui menacé d’extinction. Le territoire marin de l’archipel comprend également des récifs coralliens et des plages. Ces zones sont essentielles à la reproduction de certaines espèces d’oiseaux marins et de tortues.
Cette reconnaissance s’appuie sur un premier classement antérieur. L’île de Principe avait déjà obtenu ce statut en 2012. L’entrepreneur sud-africain Mark Shuttleworth était à l’initiative de cette première démarche. La nouvelle désignation étend cette protection à l’île de São Tomé. Elle complète ainsi la couverture de l’ensemble du territoire national.


Concilier tourisme, écologie et développement
Une réserve de biosphère ne se limite pas à un statut de protection stricte. Ce concept est né à l’UNESCO dans les années 1970. Il vise à concilier préservation de la biodiversité, recherche scientifique et activités humaines durables. Pour São Tomé-et-Principe, ce nouveau statut ouvre la voie à un développement de l’écotourisme. Il pose aussi un vrai défi : contenir les risques de surtourisme et de dégradation environnementale. D’éventuels projets d’exploitation d’hydrocarbures ajoutent encore à cette pression.
Cette distinction renforce également la place de l’archipel dans un réseau plus large. Il s’agit de celui des réserves de biosphère de la Communauté des pays de langue portugaise. Ce réseau regroupe aujourd’hui vingt-quatre réserves. Elles couvrent environ 211 millions d’hectares à travers le monde lusophone.

