Il y a des destinations qui se découvrent tranquillement, avant les foules et avant que les prix s’envolent. L’Albanie est précisément de celles-là.
Coincée entre la Grèce, le Monténégro et la mer Adriatique, cette petite république balkanique cumule des atouts rares : une côte préservée, une capitale en effervescence, des montagnes sauvages. Et surtout, une hospitalité qui n’a pas encore été formatée par le tourisme de masse. Le moment idéal pour y aller, c’est maintenant.

Tirana, une capitale qui ne ressemble à aucune autre
Tirana surprend dès les premières rues. Les façades d’immeubles peintes de couleurs vives, les cafés qui débordent sur les trottoirs, les galeries d’art installées dans d’anciens bunkers soviétiques : la capitale albanaise affiche une énergie inattendue. Le Blloku, ancien quartier réservé à la nomenclature communiste, est devenu le cœur de la vie nocturne et culturelle. Le marché du Bazar Nouveau mélange épices, fromages locaux et artisanat. Le musée national d’Histoire retrace quant à lui quatre millénaires de civilisations. Tout se fait à pied. Une journée ne suffit pas.
Pour manger, le Mrizi i Zanave est une référence incontournable de la cuisine albanaise traditionnelle. Pour l’apéritif ou le verre de fin de soirée, le Blloku regorge d’adresses animées. À moins d’une heure de route, Krujë mérite le détour : le château de Skanderbeg domine la vallée depuis un éperon rocheux et le bazar ottoman en contrebas est l’un des mieux préservés du pays.

La Riviera albanaise, l’alternative aux destinations surpeuplées
Entre Vlorë et Sarandë, la Riviera albanaise déroule des plages peu fréquentées, des criques turquoise et des villages perchés sur les falaises. Himara, Dhermi, Palasë : des noms encore confidentiels pour des endroits que la Croatie ou le Monténégro ont perdus depuis longtemps. Les prix restent très accessibles et l’atmosphère, résolument authentique.
Dhermi est sans doute la plus belle étape de la côte. Ses eaux cristallines et ses plages de galets attirent chaque été davantage de voyageurs européens, sans avoir encore basculé dans le tourisme de masse. Plus au sud, Sarandë constitue une bonne base pour explorer la région. Les restaurants de poisson au bord de l’eau y pratiquent des tarifs étonnamment bas. À quelques kilomètres, le site archéologique de Butrint, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, superpose des vestiges grecs, romains et byzantins dans un cadre naturel remarquable.

L’intérieur des terres : montagnes, lacs et patrimoine ottoman
L’Albanie ne se résume pourtant pas à sa côte. Au nord, le parc national de Valbonë ouvre sur des paysages alpins saisissants. Les sentiers de randonnée y sont encore peu balisés, ce qui en fait un terrain de jeu idéal pour les marcheurs qui fuient les itinéraires balisés. Par ailleurs, le lac de Shkodër, partagé avec le Monténégro, est le plus grand lac des Balkans. À proximité, la forteresse de Rozafa domine la ville depuis une colline et offre un panorama sur la région.
De même, à Gjirokastër, ville ottomane classée UNESCO, les maisons en pierre grise aux toits d’ardoise semblent figées dans un autre siècle. Les ruelles étroites, les bazars anciens et l’immense forteresse qui domine la vallée en font l’une des villes les plus spectaculaires du pays. Enfin, Berat, surnommée la ville aux mille fenêtres, offre le même dépaysement au-dessus de la rivière Osum. Ses maisons blanches empilées sur les flancs de la colline et sa citadelle encore habitée sont classées UNESCO depuis 2008.

Préparer son voyage en Albanie
Pour un premier séjour, dix jours permettent de combiner Tirana, la Riviera et l’intérieur des terres. Une semaine suffit pour se concentrer sur la côte et la capitale. La location de voiture est recommandée : les transports en commun restent limités entre les sites. Comptez 50 à 80 euros par jour en voyage autonome, hébergement et repas inclus, jusqu’à 100 à 120 euros pour un budget plus confortable.
Les ressortissants français n’ont pas besoin de visa, un passeport valide suffit. Les euros sont largement acceptés. La meilleure période pour la côte est juin ou septembre. Pour les montagnes du nord, juillet et août sont idéaux.
Plus d’informations sur albania.al.

