Comacchio et Ferrare forment l’un des plus beaux duos d’Émilie-Romagne. D’abord des canaux bordés de maisons pastel, puis des palais Renaissance et neuf kilomètres de remparts. Pourtant, une cinquantaine de kilomètres seulement séparent les deux villes. Voici donc une belle raison de prolonger le week-end en Italie.
D’après le reportage de Coraline Borchiellini, paru dans Escapade n°20

Comacchio et Ferrare, deux visages de l’Émilie-Romagne
Ces deux villes se complètent parfaitement. En effet, Comacchio vit au rythme de l’eau, de la lagune et de la pêche. Ferrare, en revanche, raconte le pouvoir des ducs et les fastes de la Renaissance. Ainsi, un même séjour offre deux atmosphères très différentes. De plus, la région reste calme, loin des files d’attente de Venise ou de Florence.
Cette discrétion fait tout leur charme. Elle rappelle d’ailleurs ces villages d’Europe encore épargnés par le tourisme de masse que nous aimons mettre en avant. Bologne, enfin, sert de porte d’entrée naturelle à la région.
Comacchio, une petite Venise au fil de l’eau
Flâner entre les treize îlots
Des maisons ocre et rose pastel, des ponts de briques, des quais tranquilles : Comacchio se découvre à pied. Son centre historique s’étend en effet sur treize îlots reliés par un réseau de canaux. La comparaison avec Venise revient souvent. Mais Comacchio n’en a pas besoin, car elle tient debout toute seule.
Inutile donc de transformer la visite en course aux monuments. Suivez un canal, traversez un pont, revenez par l’autre rive. Les façades colorées se reflètent dans l’eau à chaque détour. Elles vaudraient à la ville une place parmi les villes les plus colorées d’Europe.
La lagune et le delta du Pô
Autour de la ville, le décor change complètement. Les lagunes et les anciennes salines appartiennent en effet au parc régional du delta du Pô. L’eau y dessine un paysage ouvert, presque nu. Par ailleurs, les traces de l’activité humaine s’y mêlent à une nature préservée.
Les anciennes stations de pêche restaurées racontent surtout l’histoire de l’anguille. Ce poisson reste l’emblème culinaire de Comacchio. Comprendre les techniques de capture permet donc de mieux saisir sa place dans la cuisine locale. Flamants roses, hérons et avocettes complètent enfin le tableau. Toutefois, les rencontres dépendent de la saison : prévoyez du temps.
Ferrare, la cité des ducs d’Este
Un château, des palais et un quartier classé

Le contraste est saisissant. Ici, les canaux laissent place aux palais et aux grandes places. Le château des Este, entouré de ses douves, constitue d’abord le repère le plus évident. Pendant plusieurs siècles, en effet, la famille d’Este a façonné la cité et attiré artistes, architectes et écrivains.
Cet héritage accompagne toute la promenade. On s’arrête ainsi devant la cathédrale, on longe les arcades, puis on traverse le quartier de la Giudecca. Cet ancien quartier juif figure aujourd’hui au patrimoine mondial de l’Unesco. Le Palazzo dei Diamanti mérite enfin un vrai temps d’arrêt. Ses quelque 8 500 blocs de marbre taillés en pointe donnent au bâtiment son relief unique.

Neuf kilomètres de remparts à pied ou à vélo

Ferrare ne se résume pas à ses monuments. Son enceinte de neuf kilomètres offre en effet une autre lecture de la ville. Promeneurs et cyclistes s’y croisent dans un cadre ombragé. Cette étape change agréablement du centre historique.
La cité reste surtout une ville de vélo. Louer un deux-roues pour longer les remparts constitue donc la plus belle façon de terminer la visite. Les amateurs retrouveront ce plaisir sur les plus belles voies vertes de France.
Deux tables repérées entre Comacchio et Ferrare
À Comacchio, la Locanda del Delta figure parmi les adresses retenues par notre journaliste. Installée via Agatopisto, au bord du canal, elle propose notamment des pizzas et des plats à base d’anguille. La cuisine suit ici les préparations traditionnelles.
À Ferrare, l’Osteria I 4 Angeli bénéficie d’un emplacement face au château. Notre journaliste y recommande surtout les cappellacci di zucca al ragù. Ces pâtes fraîches farcies à la courge restent un classique ferrarais. Pour prolonger le voyage gourmand, découvrez également nos bons plans pour 24 heures à Milan.
Combien de temps prévoir pour Comacchio et Ferrare ?
Comptez une journée par ville pour une première découverte. Une troisième journée laissera ensuite plus de place aux lagunes et aux palais. Comacchio et Ferrare se rejoignent facilement, car une cinquantaine de kilomètres les séparent.
Bologne sert de porte d’entrée à la région. Ferrare dispose en effet d’une liaison ferroviaire avec la capitale d’Émilie-Romagne. L’étape de Comacchio demande toutefois d’organiser la suite du trajet. Les amateurs de rail retrouveront d’ailleurs cet esprit dans notre sélection des plus beaux trains panoramiques d’Europe.
Pour préparer les visites, consultez enfin les offices de tourisme Visit Comacchio et InFerrara.
Pourquoi associer Comacchio et Ferrare
Le plaisir de cette escapade tient justement à ce duo. Comacchio ouvre sur la vie du delta et sur ses lagunes. Ferrare raconte au contraire l’histoire des ducs et les splendeurs de la Renaissance. Comacchio et Ferrare permettent ainsi de changer d’atmosphère sans changer de région. Voilà, en somme, une escapade idéale pour un long week-end d’automne.

