À l’est de la Guadeloupe, deux îles se gagnent en bateau depuis Saint-François : La Désirade en 45 minutes, Marie-Galante en une heure. L’une vit au ralenti autour de son littoral, l’autre cultive la canne et le rhum. Voici quoi y faire, combien de temps prévoir et comment organiser la traversée, avant la saison sèche qui démarre en décembre.
Saint-François, la porte de l’est
Saint-François est le point de départ naturel : c’est de son port que partent les bateaux vers les deux îles. On peut aussi s’y poser quelques jours. Les Voiles Bleues y louent des villas avec piscine privée, conciergerie et Méhari électrique pour rejoindre plages et villages créoles, et un traiteur local sert des dîners à la villa, autour de produits frais, d’épices créoles et de rhums artisanaux.

Côté table, Le 619, près du rond-point Martin Luther King, marie la cuisine du Sud-Ouest et les Antilles : le chef y associe foie gras et rhum vieux.
La Désirade, l’île qui a refusé de s’emballer

La traversée depuis Saint-François dure environ 45 minutes avec la compagnie Comadile. On débarque sur une île de moins de 1 500 habitants, que Christophe Colomb aperçoit le 2 novembre 1493 et qui servira de léproserie jusqu’en 1952. Ses roches ont plus de 145 millions d’années. Le plus simple pour la parcourir est de louer un vélo, un scooter ou une voiture dès l’arrivée.
Au programme :
- la plage à Fifi, tranquille et idéale pour la baignade ;
- le snorkeling à l’anse du Souffleur ;
- le phare du XIXe siècle et son panorama ;
- le cimetière marin ;
- le jardin botanique du Désert, labellisé « Jardin remarquable » en 2024.
Dans la réserve naturelle nationale, on peut croiser l’iguane des Petites Antilles, une espèce en danger critique d’extinction selon l’UICN, et des crabes de terre rouges. Monsieur Tonton, conteur passionné, guide les visiteurs le long du littoral, et Desi Jaspe propose un atelier de taille de pierres (jaspe, quartz).
Pour déjeuner, Le Rose-Ita, section Souffleur, sert poissons grillés et légumes locaux les pieds dans le sable. Un conseil : les liaisons dépendent de la mer et des sargasses, qui ont déjà fait fermer le port de La Désirade (RCI). Mieux vaut confirmer les horaires du jour auprès de la compagnie avant de partir.
Marie-Galante, l’île aux cent moulins
Marie-Galante s’atteint en environ une heure depuis Pointe-à-Pitre ou Saint-François. Cette île ronde de 158 km² doit ses surnoms, « l’île aux cent moulins » et « la Grande Galette », à ses moulins d’autrefois, qui servaient à la canne à sucre. Aujourd’hui, elle vit du rhum agricole : trois distilleries se visitent, Bellevue à Capesterre, Bielle et Père Labat à Grand-Bourg.
La distillerie Bielle, fondée au XIXe siècle et devenue agricole dans les années 1920, montre toute la chaîne : cannes coupées à la main, vesou fermenté puis distillé dans de grandes colonnes de cuivre, fûts de chêne où le rhum vieillit sous les alizés. Pour prolonger, l’habitation Murat, ancienne sucrerie du XVIIIe siècle devenue écomusée, et la Maison de l’Indigo, à Grand-Bourg.
Côté nature, la Gueule Grand Gouffre, sur la côte nord, à Saint-Louis, est une arche creusée par l’érosion marine, que l’on rejoint par un sentier de falaise. Les plages ne manquent pas : Anse Canot, Vieux-Fort, La Feuillère. La voiture de location reste la meilleure façon de faire le tour de l’île.

Quand partir, comment s’y rendre
La saison sèche, le « carême », court de décembre à mai : ciel souvent dégagé, pluies rares, 25 à 30 °C. C’est la haute saison, et le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe conseille de réserver plusieurs mois à l’avance. De juin à novembre, c’est l’hivernage : plus chaud, plus humide, et saison cyclonique jusqu’en novembre, mais les prix sont plus doux et les sites moins fréquentés.
Pointe-à-Pitre se rejoint en vol depuis Paris, sans visa pour les voyageurs français, avec une pièce d’identité en cours de validité à l’embarquement. Depuis Saint-François, comptez environ 45 minutes de traversée pour La Désirade (Comadile) et environ 1 heure pour Marie-Galante ; les horaires sont à confirmer auprès des compagnies, car la mer et les sargasses peuvent les modifier.
Pour voyager sur l’archipel sans l’abîmer, lisez notre guide du voyage responsable en Guadeloupe. Et pour continuer aux Antilles, la Martinique, pépite des Antilles et terroir du rhum.
D’abord paru dans le magazine
Ce reportage a été publié dans Escapade n°18 (février-avril 2026). Texte : Mathilde Effosse.
Feuilleter le sommaire du numéro ↗Photos © Greeg Pakary, Tournasol7, Mart.wain, Tjeerd Wiersma.


