Et si le véritable luxe, aujourd’hui, était de n’entendre que le silence ?
Dans un monde saturé de notifications, de vitesse et d’agitation, un nombre croissant de voyageurs cherchent autre chose : un refuge, un rythme intérieur, un lieu où l’on respire enfin. Loin des resorts clinquants et des hôtels uniformisés, les monastères européens deviennent ainsi les nouvelles retraites secrètes de ceux qui veulent ralentir, se recentrer et voyager avec sens.
Dormir dans un monastère, ce n’est pas seulement changer de décor : c’est accepter une expérience plus profonde, une immersion dans un mode de vie ancestral où le temps semble se dilater. Une manière de retrouver cette simplicité que l’on croyait perdue, un rapport à soi que la modernité nous fait parfois oublier.
L’expérience monacale : le luxe de l’essentiel
Séjourner au sein d’une communauté religieuse, ce que l’on appelle l’hospitalité monastique, n’a rien d’un hébergement ordinaire. Ce qui surprend d’abord, c’est le silence. Un silence complet, sans bruit numérique, sans fond sonore imposé, sans téléphone qui vibre. Dans de nombreux monastères, l’usage du portable est limité, voire interdit dans les espaces communs. Cette absence de distraction force doucement le visiteur à se recentrer, à écouter ses propres pensées, à renouer avec un calme intérieur oublié.
Le quotidien suit un rythme naturel, apaisé, presque hypnotique. Les journées sont ponctuées par les offices, les repas souvent pris en commun, parfois en silence, et le travail manuel de la communauté. On y découvre une discipline douce, presque méditative, très éloignée de la pression des deadlines et du tourbillon du quotidien.
Les chambres se distinguent par leur simplicité. Pas d’écran, pas d’artifice : juste ce qu’il faut. Un lit confortable, une table en bois, une fenêtre ouverte sur un cloître ou un jardin. Cette sobriété, loin d’être une contrainte, devient une invitation à trier ce qui compte vraiment. On y dort étonnamment bien, porté par une tranquillité rare.
Autre surprise : le prix. Contrairement aux idées reçues, dormir dans un monastère est non seulement accessible, mais souvent économique. La contribution se situe généralement entre 30 et 60 euros par jour, pension complète incluse. Un luxe discret, mais un luxe tout de même.
Trois lieux d’exception pour une première retraite
- En France, l’Abbaye de Sénanque, au cœur de la Provence, offre un cadre d’une beauté saisissante. Entourée de champs de lavande, elle est idéale pour écrire, méditer et s’imprégner d’un patrimoine spirituel unique.

- En Italie, dans le Piémont, le Monastero di Bose est réputé pour son ouverture, son accueil œcuménique et ses jardins impeccablement entretenus. On y ressent immédiatement une sérénité enveloppante, presque contemporaine dans son approche.

- Aux Açores, l’Ermida de Candelária offre une expérience encore différente : un ermitage face à l’océan, où la nature, brute et majestueuse, accompagne chaque instant du séjour. Parfait pour ceux qui veulent marcher, contempler, respirer.

Bien préparer son séjour : les gestes qui font la différence
Pour profiter pleinement de cette parenthèse, il est souvent nécessaire de réserver plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance, l’hospitalité monastique attirant de plus en plus de voyageurs. Chaque communauté a ses règles, parfois strictes, parfois plus souples : respect des horaires, couvre-feu, espaces réservés ou pratiques partagées. Les connaître et s’y adapter fait partie de l’expérience.
Enfin, la déconnexion ne se décrète pas, elle se prépare. Mieux vaut laisser de côté la liseuse, les écouteurs, les distractions numériques ; un carnet, un bon livre papier et quelques vêtements confortables suffisent largement. Le voyage se vit beaucoup plus dans ce que l’on ressent que dans ce que l’on emporte.
Un luxe à contre-courant
Dormir dans un monastère, c’est accepter de vivre autrement, le temps d’un week-end ou de quelques jours. C’est un luxe à contre-courant, un luxe sans dorures, sans excès, sans apparat. Un luxe qui ne s’achète pas, mais qui se vit.
Dans cette parenthèse hors du temps, on retrouve l’essentiel : la lenteur, la paix, la respiration.

